La maladie d’Alzheimer est la maladie neurodégénérative la plus répandue et la première cause de dépendance chez les seniors. Lorsque plusieurs membres d’une famille sont touchés par cette maladie, il est naturel de se demander si l’hérédité en est la cause. Dans cet article, nous examinerons les aspects génétiques de la maladie d’Alzheimer et clarifierons les liens potentiels entre la génétique et la pathologie.
La première chose à comprendre est qu’il existe deux formes distinctes de la maladie d’Alzheimer sur le plan génétique. Bien que ces deux formes présentent des symptômes similaires, elles diffèrent par l’âge de début et n’ont pas les mêmes causes.
La maladie d’Alzheimer sporadique
La forme la plus courante de la maladie d’Alzheimer est dite « sporadique ». Elle représente plus de 98 % des cas. Les premiers symptômes de cette forme se manifestent généralement après l’âge de 65 ans, et plus fréquemment après 70 ou 75 ans.
Bien qu’il puisse y avoir plusieurs cas de la maladie au sein d’une même famille, cela est souvent attribué au principal facteur de risque : l’âge. En effet, plus une personne avance en âge, plus son risque de développer la forme sporadique de la maladie d’Alzheimer augmente. Ce risque passe de 5 % à l’âge de 65 ans à plus de 15 % après 85 ans.
Par conséquent, il n’est pas rare qu’une famille dont la plupart des membres vivent jusqu’à un âge avancé compte un ou deux aînés atteints de la maladie d’Alzheimer.
Il est important de noter que d’autres facteurs de risque peuvent également contribuer à augmenter ce risque :
- le mode de vie (sédentarité, tabagisme, etc.),
- l’environnement,
- la génétique.
En effet, certains gènes sont aujourd’hui connus pour augmenter légèrement le risque de développer la forme sporadique de la maladie d’Alzheimer. Cependant, la présence de ces gènes dans le patrimoine génétique d’une famille n’est ni nécessaire ni suffisante pour provoquer la maladie. Les chercheurs les désignent comme des gènes de susceptibilité.
Le plus connu d’entre eux est le gène Apoe4. Être porteur d’un gène Apoe4 augmente le risque de développer la maladie d’Alzheimer, mais ce risque est encore plus important lorsque les deux gènes de la paire sont des gènes Apoe4 (homozygotes).
Toutefois, même si leur présence augmente le risque de survenue de la maladie, elle ne se déclare pas systématiquement. À l’échelle d’une population, toutes les personnes porteuses de l’Apoe4 ne développeront pas la maladie d’Alzheimer.
On estime qu’environ 2 à 3 % de la population générale, ou 15 % des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, possèdent deux copies de la variante Apoe4.
La maladie d’Alzheimer héréditaire
La deuxième forme, la maladie d’Alzheimer héréditaire, est beaucoup plus rare (moins de 2 % des cas).
Cette forme se distingue par son apparition précoce, avant l’âge de 65 ans et parfois même avant 50 ans. Elle est directement liée à une anomalie génétique, le plus souvent une mutation de gènes tels que :
- la préséniline 1,
- la protéine précurseur du peptide amyloïde (APP),
- la préséniline 2.
La conséquence commune de ces mutations génétiques est une augmentation de la production du peptide amyloïde.
Ces découvertes sur les gènes responsables ont débuté dans les années 1990 et se poursuivent encore aujourd’hui.
Conséquences de cette forme héréditaire
Lorsqu’un membre de la famille est atteint, il transmet le gène muté — et donc potentiellement la maladie — à 50 % de ses enfants.
C’est pourquoi, lorsqu’une maladie d’Alzheimer est diagnostiquée précocement, le médecin peut proposer de réaliser un arbre généalogique afin de mieux repérer les éventuels membres de la famille également touchés.
Si cela révèle une possible transmission héréditaire, se pose alors la question d’effectuer un test génétique à la recherche d’un gène muté.
Pour qui le diagnostic génétique ?
Une recherche de cause génétique de la maladie d’Alzheimer peut être proposée :
- lorsqu’au moins deux apparentés du premier degré (frère, sœur, parent) présentent ou ont présenté une maladie d’Alzheimer dont les premiers symptômes sont apparus à 65 ans ou moins ;
- lorsqu’un membre isolé de la famille présente une maladie d’Alzheimer dont les premiers symptômes sont apparus à 50 ans ou moins.
Le diagnostic moléculaire nécessite un consentement informé, signé spécifiquement par le patient. Si celui-ci est sous tutelle, l’accord du tuteur légal est obligatoire pour pratiquer cet examen.
Conclusion
La forme sporadique de la maladie d’Alzheimer, de loin la plus fréquente, doit être considérée comme une maladie multifactorielle.
Dans cette forme, l’âge constitue le principal facteur de risque, mais d’autres facteurs — génétiques, environnementaux ou liés au mode de vie — jouent également un rôle.
Pour agir sur les facteurs de risque modifiables, il est bénéfique d’adopter un mode de vie favorable à la prévention.
La forme héréditaire, beaucoup plus rare, est quant à elle liée à des anomalies génétiques spécifiques et se manifeste à un âge précoce.
La recherche continue de progresser dans la compréhension des facteurs de risque et de l’hérédité, ouvrant la voie à une prévention adaptée ainsi qu’à des thérapies plus efficaces.
